Facebook Papers : ce qu’il faut savoir sur la polémique

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17 médias américains ont eu accès à des documents incriminants pour Facebook, pointant du doigt sa mauvaise gestion des contenus sur sa plateforme.

Frances Haugen, ancienne chef de produit de l’entreprise Facebook, est la principale dénonciatrice des Facebook Papers. © kovop58 – stock.adobe.com

Facebook, entre place dominante et manque de contrôle sur les contenus de sa plateforme

Ce lundi, de nouveaux documents accablants pour la société Facebook ont été envoyés à 17 médias américains. Ces rapports sont en lien avec les dénonciations faites par Frances Haugen, ancienne chef de produit de l’entreprise, qui a révélé des milliers de documents internes de Facebook à la Securities and Exchange Commission, aux États-Unis. Sous le nom « Facebook Papers », cette affaire rassemble des dénonciations qui s’attèlent à montrer le manque de contrôle du réseau social sur les contenus qui circulent sur sa plateforme, du discours de haine à l’incitation à la violence, en passant par les fake news. Mais aussi comment la propagation de ces contenus problématiques profitent à l’entreprise Facebook.

Trois points à retenir des informations divulguées par ces rapports :

  • Facebook ne modère pas les contenus provenant de l’étranger : selon les documents, l’entreprise consacrerait la majorité de son budget modération en Occident, au détriment de la protection d’utilisateurs de pays étrangers tels que le Myanmar, le Pakistan et l’Éthiopie, où les populations sont victimes de répressions.
  • Facebook est en perte de contrôle sur son algorithme : l’entreprise ne saurait pas comment freiner la propagation de la désinformation (notamment concernant le vaccin contre le COVID-19) et serait dans l’incapacité d’expliquer pourquoi ses algorithmes fonctionnent dans un sens ou dans un autre, ce qui empêcherait de corriger les biais.
  • Facebook n’intéresse plus les moins de 30 ans : le site Bloomberg rapporte notamment que l’utilisation de Facebook par les adolescents américains était en baisse de 16 % d’une année sur l’autre, et que les jeunes adultes aux États-Unis passaient également 5 % de temps en moins sur le réseau social.

Facebook peut-il s’autoréguler ?

En mai 2020, Facebook a nommé son propre Conseil de surveillance indépendant, une sorte de Cour suprême pour les décisions relatives au contenu. C’est cette instance qui a notamment recommandé de ne pas laisser l’ex-Président Donald Trump revenir sur la plateforme, par exemple.

Mais certains dysfonctionnements persistent, notamment au niveau de la transparence comme l’a révélé à CNN Suzanne Nossel, membre du conseil de surveillance de Facebook et PDG de PEN America. Celle-ci a notamment constaté que les utilisateurs restent souvent dans l’ignorance lorsqu’un contenu est supprimé par Facebook. « Je ne veux pas que Facebook efface simplement le contenu sans aucune explication. Je veux que les gens aient un recours s’ils pensent que leur capacité à s’exprimer a été altérée de manière injustifiée », a-t-elle expliqué.

Face à la tourmente, Facebook n’en démord pas

Face au déferlement d’articles impliquant les Facebook Papers, l’entreprise a réagi via un porte-parole. « Au cœur de ces histoires se trouve une allégation fausse, a-t-il déclaré dans un communiqué. Oui, nous sommes une entreprise et nous réalisons des bénéfices, mais l’idée que nous le fassions au détriment de la sécurité ou du bien-être des personnes, c’est se méprendre sur nos intérêts commerciaux. La vérité est que nous avons investi 13 milliards de dollars et avons plus de 40 000 personnes pour faire un travail : assurer la sécurité des gens sur Facebook ».

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Région Hauts-de-France